Pour partager mon vécu, vivant, mouvant avec ses hauts et ses bas, autour de ce chemin.
Partage d'une prise de conscience chez une personne que j'ai accompagné pendant de nombreux mois. Elle avait une vie spirituelle, assez intense et allait mourir quelques mois plus tard (cf. l'article "Un accompagnement psycho-corporel, spirituel") :
En frappant pour entrer dans sa chambre, je la réveillais involontairement et brutalement d'un "sommeil" très profond ...
Elle était en quelque sorte "éberluée", se demandant et revenant sans cesse à ces questions :
"Qu'est-ce qui s'est passé ? Ou est-ce que j'étais ? Comment cela s'est-il produit ? Comment est-il possible que cela existe ?".
Son insistance m'a interpellé, et je l'ai interrogée : "Oui : Où est-ce que vous étiez ? Qu'est-ce que vous ressentiez ?", et là, progressivement, elle me décrit un espace de paix totale, où elle était "pure présence", sans aucune pensée, aucune émotion, juste "être" dans une plénitude et une sérénité indicible ...
La dernière chose qu'elle se rappelait, avant d'avoir basculée dans cet espace intérieur, était sa pantoufle, qui, au bord du lit, était tombée de son pied sur le sol.
Nous avons exploré la signification du lien et de l’espace entre sa conscience ordinaire, son "moi", qui se posait plein de questions et cette "conscience sans contenu" qu'elle était aussi. Nous avons abordé le sens de cette expérience, en lien avec ses interrogations sur le moment de la mort et la manière dont celle-ci allait/pouvait se passer. Au point qu'elle dise : "Ho, si c’est cela la mort, alors pas de souci !" en riant !
Quand nous sommes dans le sommeil profond, nous sommes tous dans cette "conscience sans contenu" qui est "pure félicité" ... Qui s'en rend compte ?
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