• La PUISSANCE Divine. La place de l'Homme dans l'Univers.

    A relire ce texte aujourd'hui, un sentiment profond monte, une reconnection à la puissance de cette expérience. C'était il y a un peu plus de vingt ans, quelques mois après la mort accidentelle de mon frère, la jeune femme était sa compagne ... Après "Satori ...", le témoignage précédent, ce texte témoigne d'un espace de conscience encore plus vaste ... qui sera encore dépassé par le témoignage suivant intitulé "Conscience".


    J'étais assis avec la jeune femme, à la terrasse d'un café.
    Nous avions fait quelques pas dans la ville. C'était difficile de parler avec elle : tellement tendue, tellement inquiète.

    Nous étions bien installés au Soleil. Devant une place lumineuse. Le dos appuyé contre une solide pierre grise. Nous étions à l'abri du vent, et la chaleur timide du Soleil était agréable.

    Il y avait un peu plus d'un an, son compagnon, mon frère, était mort. Accident de moto.
    Projets communs, une petite fille de trois mois à ce moment-là ... Et elle. Balayée, détruite. Elle ne s'en remettait pas. La violence de l'abandon. Elle qui avait mis tous ces rêves dans cette relation. Comme elle l'aimait cet homme !
    Violence.

    Et le temps suspendait son vol ...

    Depuis cette disparition, j'avais appris à mieux la connaître. Mais qu'elle était difficile à approcher, à apprivoiser.
    Une tension intérieure, une souffrance ! ...
    Désespoir. Vie sans sens ...

    Elle se bagarrait. Elle avançait. Mais cette montagne à gravir, devant elle, pour “revenir” à la vie, était noire et dure. Comme une escalade, sans espérance.

    Nous parlions. Je résonnais à ses douleurs, à son appel. J'affirmais la force de la vie, la force de l'espoir, dénichais, derrière ses propos de souffrance, la conscience et la vérité ... qui font que l'on continue, ... qui sont : l'ordre supérieur de la vie.
    Elle sentait cela. résistait. L'injustice ...
    Pourtant, je sentais un apaisement en elle. Mais pour moi, chaque mot était, un combat.

    Comme un maître d'aïkido tranquille et ancré, terrasse en quelques mouvements, puissants et justes, ses cinq adversaires, j'étais actif, mobilisé, tout entier.
    Pas un instant de pause. Vigilance, d'instant en instant. Ne rien manquer, de ses paroles, de ses défaites, de ses sentis. Entendre, sentir, renvoyer ... : la force de Conscience, derrière l'apparence de la destruction.

    Il y a un Sens à ce destin. Le percevait-elle ?
    Ce sens, c'était cette bagarre : trouver le Sens, derrière et au-delà, des décombres.
    Comment peut-on vivre quand rien ne vous retient ?

    Je ne sais si je dois le dire ? ...

    Mais dans ce combat, sans merci ... Contre la nuit de l'inconscience ... Contre la violence de la souffrance. Dans ce combat sans merci, TOUT mon être était engagé, tout.
    Oui, ce combat c'était ... la Certitude de la Lumière contre le désespoir et la rage de l'Ombre mortelle, de la Blessure Inguérissable ... qui certes l'est.
    J'y aurais laissé ma vie ...
    Il fallait qu' “il” baisse les armes, qu' “il” abandonne le combat. “lui”, l'Ombre noire qui veut tout posséder, qui déguise et cache et triche, avec la Vérité. Le “malin”, si subtil, si puissant. Si bien nommé. Car, dans toutes les failles de la conscience, il se cache et dissimule sa traîtrise. Son but est le chaos ... Où il règne pour un temps.

    Dans ce combat, je tenais les armes, j'étais la conscience. Mais ce n'est pas “moi” qui agissait

    - Cela - agissait.

    À travers ses coups de boutoir, à travers ce combat accepté, par Amour, mon être et ma conscience, se forgeaient.

    Il fallait, à chaque instant, que je hisse plus haut la force d'intelligence de mon être, la force de pardon, la force d'amour.
    Plusieurs fois, je me suis demandé si j'allais, ou non, abandonner, décrocher ... accepter de laisser le champ libre à la force de cet “autre”, de la force de nuit ... me retirer, pour panser mes blessures.
    Mais ce n'était pas acceptable.

    Au plus je plongeais en moi pour puiser de nouvelles ressources, traquer les perles de vérité, cachées au fond des mots, dans les mystères de la conscience, au plus m'envahissait ... une Conscience, puissante et claire.

    Progressivement, j'ai senti, à travers le regard qui me traversait, à travers la présence brûlante qui m'habitait de plus en plus; j’ai senti la présence de l'absent, de son compagnon disparu, qui m'épaulait de sa conscience et de son amour.
    Et une présence plus grande encore, plus vaste que le Ciel et la Terre, réunis... Une Présence ... impossible à nommer. Et dont je ne sentais que la trace.
    Mais cette trace, cette trace infime, éveillait en moi un tel sentiment de majesté, de puissance incommensurable, un tel sentiment de respect profond, comme la mer, à la limite de la crainte, comme une peur qui sait l'amour derrière la menace apparente.

    La créature ne peut regarder et toucher, la Puissance Divine. Elle ne peut qu'en effleurer l'écume, terrifiante comme mille Soleils.

    Mais l'Homme, en étant Un avec LUI, peut - La – manifester.

    Et devant moi, devant mon regard et mon être, plein d'une immense et terrible extase, devant cette place, au coeur de cette ville, la souffrance humaine, TOUTE la souffrance humaine, devant cette Puissance de Dieu, était moins qu'une bulle de savon, dans l'océan où flottent les mondes.

    Un souffle de LUI et elle cesse, sans trace.

    Quel regard, quelle puissance m'habitait ?
    Un souffle, sous mes yeux, et plus rien n'était. Tout, tout, cessait.
    Seul est/reste. Sa Puissance.

    Et je sentais cela :
    LUI a voulu l'homme ainsi.
    LUI a voulu l'homme libre.

    De toutes les créatures, l'homme est la seule à pouvoir haïr, à pouvoir tromper.
    L'homme est libre, de s'enchaîner à sa souffrance.
    L'homme est libre, de l'accepter et de la transformer.
    L'homme est libre. Créateur de son destin.

    L'homme est libre.
    LUI le veut.

    Et dans ce combat sans fin, à la terrasse de ce café, lentement, lentement les choses se sont apaisées. La tension de cette femme a baissé. “il” a cessé. Ses attaques, ses mensonges, se transformaient en Lumière, en Vérité. Ses dissimulations étaient dévoilées. Le mensonge se dissolvait, de lui-même, mort avant d'exister, n'ayant jamais été.

    Plus fort “il” attaquait, plus forte la Lumière, et plus “il” cessait d'être, se vidant de sa substance. Lentement, lentement, la puissance du néant, dans ce combat, décrut. L'enfer dévoilé, tombe le rideau, et cesse. Et seule, la Lumière Est ...

    L'enfer n'existe pas, seulement la nuit, avant
                                                                             l' Aube.

    Le Mal, lentement, est le Bien en formation.

    Et l'Homme est.
    Il est au centre du combat.

    Par l'Homme, par sa conscience, la Lumière advient !
    Et Cela est possible.
    Maintenant !

    Je vibrait, ébranlé jusqu'au fond de mon être.
    Le combat cessait, faute d'un combattant ...
    La Lumière Est, Etait, Sera ...

    Mon amie paya les consommations. Nous fîmes quelques pas. Avait-elle soupçonné quelque chose ? Je ne sais pas.

    La présence de son compagnon, mon frère, vibrait encore en moi. Amicale et chaleureuse.

    Je me retrouvais là, seul, enfin, entier, plein, et heureux d'être tel, avec le goût de cette perception, plus dense, plus puissante que la réalité de cette Terre.
    Mon corps était exténué et mon âme, lasse et triste et heureuse ... Mon esprit vacillant, tourbillonnant ...
    Je rentrais chez moi.

    Une identité inaliénable, inaltérable, était constituée, achevée, accomplie, en l'être ... comme une réelle ossature, la seule véritable armure, qu'un être puisse jamais être-avoir.

    Jamais plus je ne pourrais être brisé. Même si, extérieurement, on détruit tout ce que je suis.

    LUI le veut. Tendresse.

    Et mon armure n'est pas de force.
    Elle est d'
                     A M O U R

    « Développer la présence à soi.Le Paradis et nous ! Chemin et sens de notre vie. »
    Partager via GmailGoogle Bookmarks

  • Commentaires

    1
    Sonia Goldey
    Mardi 14 Mars à 20:09

    Mon Dieu, Roland, que vous dire à propos de ce récit si merveilleusement raconté de l' expérience extraordinaire que vous avez vécue, si ce n'est que je suis une nouvelle fois bouleversée et à la fois submergée de tant d'espérance pour l'humanité...
     
    Et si votre armure était  justement à la fois FORCE ET AMOUR...


    CAR L'AMOUR EST BIEN LA PLUS GRANDE FORCE QUI SOIT!!!

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :