• Vers le véritable amour ...

    L'amour calciné de l'enfant abîmé qui, en fuyant son manque, se construit une identité.

    L'amour enfermé de l'adulte blessé qui attend l'amour de l'autre pour pouvoir aimer.

    L'amour manquant qui construit la peur, et blinde le cœur, soif de pouvoir et de reconnaissance, jusqu'à nier l'autre, ses différences, son identité, jusqu'à nier l'intime blessure, l'ultime fragilité, la soif de tendresse qui vrille l'âme.

    Non, ne pas tomber. Marcher funambule, sur les crêtes du pouvoir, se croire intouché, au-dessus de l'ordinaire ...

    MOI, je suis ... MOI, j'existe. Et l'autre, les autres doivent être là pour moi comme je l'attends ...

    Sur le tapis tombant et glissant, de mes exigences sans fin, je m'accroche et résiste, remonte sans cesse. L'autre doit ceci, l'autre doit cela ... La société doit ceci, la société me doit cela ...

    Les brûlures du cœur sont infinies, un bûcher sans fin, où vacillent nos âmes dans l'attente de l'amour parfait, que nous espérons, voulons, combattons, désirons, nions ...

    Cercle sans fin, d'où nul apaisement ne vient.

    Le regard se tourne, dans une autre direction. Dans mon âme, y a-t-il un chemin ?

    Accepter la brûlure, accepter le feu. Laisser le cri monter, sans s'y attacher. Tant de désespoir, de colère et de peine, retrouver la blessure première, la racine de l'identité, la perte de perfection, que l'âme éprouvait ... Accepter le manque, sans se juger, épreuve intime, tant il fallait paraître bien, pour être accepter, pour être « aimer » par ceux là même par qui la blessure est arrivée ...

    Accepter la blessure, et la fragilité, encore et encore, sans me juger. Épuiser le jugement, à l'aune de la blessure reconnue, revécue, à l'aune de l'impuissance absolue de celui qui l'a vécu.

    S'ouvre un chemin étrange, par gouttes d'eau successives et éclat de lumière, et puis plus tard, comme un flot,comme une vague douce et brûlante, un amour nouveau inonde l'âme ...

    Bien fragile, le cri est toujours là. Mais toujours là aussi, toujours plus profondes, l'acceptation de cette douleur, de ce cri, et la reconnaissance plus entière de la fragilité de l'être blessé ... cet amour nouveau grandit : plus de confiance, moins de cris. Plus de paix, le ciel s'éclaircit.

    L'âme grandit, dépasse le brouillard et la pluie, se nourrit de plus de lumière et de joie ... discrètement, humblement, s'enracine dans la vie vraie, sans tricher, portant son poids, nourrissant, au cœur du monde, au cœur du cœur, un lieu de paix, de joie, de confiance, sans tambour ni trompette ... un espace qui accueille et guérit ... où cet amour, « nouveau », puissant et profond, cet amour-prière-joie est roi !

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