• La pensée, outil de cohérence et de connaissance de soi.

    La pensée, est, pour moi, un outil extraordinaire pour nous connaître, pour être et devenir de plus en plus cohérent avec nous-même, avec la vérité profonde et intime de notre être.

    Il y a pour cela deux conditions essentielles :

    1 - Qu'elle ne fonctionne pas en roue libre, tournant et retournant sans cesse, sur ses propres concepts, répétant sans relâche, une logique purement conceptuelle, désincarnée, hors de la réalité psychique de celui qui la vit, et de la rationalité de la vie. C'est-à-dire qu'elle travaille avec et sur, les états d'âme, sentiments, logiques émotionnelles et intuitives de la personne, et qu'elle soit consciente que sa logique n'est pas superposable à la logique de la vie extérieure et intérieure.

    2 - Qu'elle soit, néanmoins, capable de s'extraire de la "dictature" de l'émotion. Car, de même que toute pensée pure, finit par se couper de la rationalité du réel, prisonnière de sa propre logique, si l'émotion domine/guide la pensée, alors celle-ci suit les rails et la direction de l'émotion, de la tonalité affective qui la sous tend. Elle devient incapable de concevoir, d'imaginer et de rompre avec la logique émotionnelle qui l'encadre et la conditionne. Elle ne s'ouvre pas à des perspectives différentes, plus générales et objectives. Elle a tendance à exclure ceux qui ne sont pas dans le même veine affective, et ne sont pas dans la reconnaissance/résonance affective réciproque.

    La condition 1 correspond au piège dans lequel s'enferme généralement les hommes (on le voit bien dans les commentaires masculins de cette discussion !).

    Il y a chez ces personnes, une déconnexion, entre la pensée et la vie intérieure et psycho-émotionnelle, liée à un manque de conscience de celle ci.

    Pour ces personnes, tant que leur univers est stable et les préserve de forts changements, cela n'a guère de conséquences, mais tôt ou tard, "mathématiquement" (selon la rationalité de la vie telle que je la perçois), à l'occasion d'un deuil, d'une maladie, d'une forte perte ou de l'approche de la mort, leur "défense" et leur enfermement dans leur pensée et sa logique particulière seront submergés. A ce moment, ce sont toutes les puissances émotionnelles et affectives, les sensations vitales de l'organisme, qu'elles n'auront jamais appris à vivre, à reconnaître, à respecter, à accompagner, avec lesquels elles n'auront jamais appris à travailler, qui submergeront leur conscience et leur donneront la sensation de n'être qu'un fétu de paille sur un océan en furie. Si encore, leur conscience intellectuelle leur permet d'avoir un peu de distance avec ces puissances. Si non, elles passeront d'un état ou d'une tonalité émotionnelle à une autre, chaque fois possédé totalement par elle, incapable du moindre recul. C'est ce que j'observe dans mon travail d'accompagnement des personnes âgées.

    Ainsi, ce qui est pour certains, la "normalité", est, pour moi, le signe d'une impasse psychologique et spirituelle, d'un manque à vivre important, de la quasi absence d'une vie intérieure consciente, d'une "non-vie" intérieure.

    La condition 2, correspond à ce qui est difficile à faire pour les femmes, en général ! On le voit aussi dans ce fil de discussion.

    Amicalement.

    « Être soi ? Un voyage, un chemin, épreuves et ressources.Les états d'âme. de Christophe André. »
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