• Dépendance et souffrance affective. Un chemin ?

    La vraie question n'est probablement pas celle de la dépendance affective, mais bien celle de la souffrance affective !

    Peut-on être dépendant affectif et heureux ? Oui, certainement, tant que la relation dans laquelle nous vivons nous apporte suffisamment ce dont nous avons besoin, que nous nous y épanouissons ! ...
    Peut-on être indépendant affectif et malheureux ? Oui, certainement, si l'on se retrouve dans l'incapacité de vivre de véritables, profondes  et enrichissantes relations avec un ou des autres ... !

    Comme je l'écrivais dans la discussion Sexualité et Spiritualité :

    "A se vouloir totalement autonome, on ne se reconnaît plus de manque ...
    Hors la rencontre ne se construit-elle pas sur la complémentarité, le fait que chacun apporte à l'autre quelque chose qui lui manque ?
    Et pouvons nous connaître "Qui nous sommes vraiment" ?

    De part l'existence de l'inconscient, de part le fait que nous sommes en constante évolution, il est possible d'affirmer que nous sommes irréductiblement étrangers à nous-mêmes !
    Et dans la rencontre avec l'autre, c'est l'inconnu que nous portons en nous qui se projette dans la relation, c'est l'étrangeté de l'autre, aussi bien que son intime familiarité, tout cela mêlé, qui nous fascine, nous happe, nous perd, nous inquiète, nous menace, nous enivre !

    La dépendance affective ... Nous pouvons progresser, apprendre, ne plus nous laisser piéger lourdement, puis plus subtilement ... mais tant que nous sommes enchaînés à notre (chère !) chair humaine, tant que nous sommes en échange d'affections, de tendresse, d'émotions, d'attentes, de désirs, de peur et de colère ... elle est présente, elle est la clef, par nos failles et nos fragilités, qui fait que deux êtres se lient, s'attirent, se repoussent, construisent quelque chose ENSEMBLE ...

    Se connaître, c'est, selon moi, connaître ses failles, ses faiblesses, autant que ses forces ... c'est reconnaître à  l'autre, alors, la possibilité pour lui, de nous donner quelque chose qui nous manque, et pour nous, de lui donner quelque chose, qui lui sera important ..."

    Toute relation forte à l'autre engage des dimensions que nous ne connaissons pas de nous-même (et de l'autre). Des attentes, des peurs, des désirs, des réactions émotionnelles, des histoires intérieures qui se révéleront du fait même de la relation ...

    Deux solutions face à cette réalité :

    L'accepter et s'engager tout de même, certes avec prudence, et conscience qu'aucun choix ne nous préserve de la souffrance et des remises en question.

    L'accepter et renoncer à s'engager ... Se vouloir et se croire "entier" ... Accepter une solitude, et cheminer paisiblement avec soi ... Paisiblement ? ? ? Soyons réalistes : Les questions qu'une rencontre forte avec un autre n'aura pas soulevées, viendront d'une autre manière, de part l'évolution de notre psyché, de notre situation de vie, ...  ! La encore, aucun choix ne nous préserve de la souffrance et des remises en question !

    Quelle solution alors, s'il en est ?

    Assumer sereinement les questions, souffrances, manques, peurs, désirs que nous portons en nous ...
    Ne pas attendre de l'autre qu'il y réponde de la manière qui nous convient ... Assumer qu'une relation nous blesse trop, ou est trop insatisfaisante pour durer, quand c'est le cas ...

    Accepter d'être en chemin, et que rien n'est définitif, que la muraille qui est devant nous, à un moment donné, puisse soudainement s'effacer, simplement parce qu'intérieurement, notre regard et notre compréhension auront changé ... Cela arrive !

    Devenir tellement conscient, comprenant, et aimant de nos fragilités, que même quelqu'un qui nous déçoit et nous blesse profondément d'une quelconque manière, nous lui pardonnons, lui laissons vivre sa vie, et poursuivons la nôtre, sans rancune, dans l'amour de la vie, et la confiance en la réponse qu'elle nous donnera, tout en posant ce qui est nécessaire à notre équilibre ...

    Difficile chemin, n'est-ce pas ? Mais tant qu'à lutter contre la souffrance, ne vaut-il pas mieux en faire un chemin de paix, pour soi et pour les autres, qu'une guerre de revendications et de peurs, qui nous condamne à l'isolement, à la stagnation et à de nouvelles blessures ?
    Réflexions personnelles qui valent ce qu'elles valent !

    « La plénitude est notre destin ...Addiction, souffrance non reconnue, guérison et pardon. »
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